Népal – Le trek solidaire de la vallée du Langtang


NEPAL, RECITS DE VOYAGE, TRIPS SANS TWINS / mardi, décembre 4th, 2018

Le trek de la vallée du Langtang, ou comment voir défiler des paysages tous plus variés les uns que les autres : longer une rivière bouillonnante, admirer des cascades, croiser des singes dans des forêts denses, sortir de la forêt et découvrir des sommets enneigés, s’en rapprocher au fur et à mesure que l’on monte en altitude. Continuer de marcher dans des paysages de plus en plus montagneux, dire bonjour au yaks (oui, des yaks !!! qu’on ne croise qu’à partir de 3500 mètres d’altitude!), se sentir tout petits devant des glaciers gigantesques, gravir un sommet et admirer la chaîne de l’Himalaya !!

Quelle expérience !! Nous qui n’avions jamais vraiment fait de trek, ce ne fut que découverte, émerveillement et dépassement de soi (et mal aux jambes, quand même, on ne va pas se mentir).

trek vallee du langtang - népal

C’est Christophe, de l’agence  Azimut Népal, qui nous avait conseillé de faire ce trek de la vallée du Langtang. Il s’agit d’un trekking de niveau modéré, que l’on peut faire en 8 jours (6 jours de marche et 2 jours de transport depuis/vers Katmandou). Les habitants de la vallée du Langtang ont été extrêmement touchés par le séisme de 2015, qui a ravagé le village entier de Langtang ; beaucoup de guesthouses ont été reconstruites depuis, aussi le passage des trekkeurs contribue au renouveau des communautés locales.

Un trek « rapide » (pour ne pas laisser nos p’tits choux trop longtemps), modéré (pour les non-trekkeurs que nous sommes) et solidaire (pour aider les habitants de la vallée) : c’était exactement ce qu’il nous fallait !

 

Le trek de la vallée du Langtang, avec l’agence Azimut Népal

Azimut Nepal est une agence franco-népalaise qui organise des trekkings et des voyages d’aventures au Népal, et uniquement au Népal. Christophe, qui est français, a personnellement testé tous les itinéraires et activités qu’il propose, il sait donc de quoi il parle.

Patan- Nepal

C’est lui qui nous a organisé notre semaine de trekking, nous allions être deux (je le cite : « bah oui c’est quand même plus sympa que d’être avec un groupe »), accompagnés de Lhakpa, un guide anglophone, et Karma, un porteur.

Lhakpa et Karma vivent tous les deux dans le même village, dans la région du Langtang, autant dire qu’ils connaissent parfaitement le coin.

Après s’être rencontrés en France et avoir échangé par mail sur l’organisation de notre séjour au Népal, Christophe est venu nous faire un brieffing à notre arrivée à Patan, où nous logions avant notre départ en trek. Point de rdv avec Lhakpa, conseils pour bien s’acclimater, itinéraire du trekking, etc. Plein de bons conseils, et la sensation d’être super bien encadrés (ce qui est top quand on n’y connaît rien).

 

 

Départ du trek de la vallée du Langtang

Le départ du trek se fait à Syabrubesi, je vous explique à la fin de l’article comme s’y rendre (histoire de ne pas vous faire peur dès le début !!).

Après une nuit dans l’une des nombreuses guesthouses de la ville, nous retrouvons Lhakpa, qui nous a donné rdv pour un départ à 7h30. C’était sous-estimer notre puissance matinale (on est très mauvais quand il s’agit d’être efficace le matin..), on est finalement prêts vers 8h (8h30?..), mais « No problem » (il n’y a jamais de problème avec Lhakpa). Nous ne sommes que deux donc le programme est flexible, le rythme aussi, l’heure des départs aussi, et c’est très bien parce qu’on aurait eu du mal à faire partie d’un groupe de douze (voire même 17 !!!! horreur suprême, mais sachez qu’il y a des agences qui organisent des treks avec autant de monde, on en a croisé!).

trek vallee du langtang - népal

Nous faisons la connaissance de Karma, qui sera notre porteur le temps de ce trek. Entendons nous bien, il ne va pas nous porter hein, il va porter nos « gros » sacs pendant que nous portons notre sac de rando pour la journée. C’est assez étrange de se faire porter son sac, ce n’est pas vraiment dans nos habitudes, mais au Népal le fait de porter des lourds fardeaux est monnaie courante (pour transporter du bois de chauffe, pour réapprovisionner les guesthouses dans les montagnes, etc.).

Un des gros points forts de l’agence Azimut Népal est que la charge du porteur est pesée au départ, ce qui n’est pas le cas de toutes les agences. Nous avons le droit à 12 kg chacun, avec la doudoune et le duvet ultra chauds que nous avons loués à l’agence nous sommes bien au dessus de ce poids, réorganisation en deux deux pour laisser des affaires dans la guesthouse, et on est ENFIN prêts.

Trekking du Langtang, Népal – Jour 1 : De Syabrubesi à Renche (2400 mètres)

Nous partons à pied depuis Syabrubesi et nous retrouvons rapidement à longer la large rivière de la Langtang Khola ; les paysages sont déjà sublimes et le bouillonnement de la rivière a un effet apaisant. Nous traversons plusieurs ponts suspendus, croisons plein de singes, commençons à grimper un peu, et il est l’heure de notre première pause thé, qui deviendra le rituel du matin de ces prochains jours.

Ginger lemon tea dans une guesthouse en hauteur, avec une vue de dingue sur la rivière et la forêt qui l’entoure, et des drapeaux de prière qui volent un peu partout : il n’en faut pas moins pour réaliser que ce trek a bel et bien commencé.

On poursuit notre ascension à travers bois, jusqu’à Bamboo, un petit groupe de guesthouses situé à 1930 mètres, au bord de la rivière. L’endroit est parfait pour notre premier Daal Bhat, plat typique népalais à base de riz, curry de légumes et lentilles.

Nous poursuivons à travers bois, prenons pleiiin de photos (Oh, la belle cascade !!), et puis arrive un moment où on fait nettement moins les malins : la montée devient très très rude (ça devait forcément arriver à un moment).  Ça ne durera finalement pas très longtemps, on arrive assez vite au Ganesh View Lodge, à Renche (2400 mètres), où on passera la nuit.

Le confort est très sommaire, comme toutes les guesthouses du trek, mais quel bonheur d’être en pleine nature ! Apprécier d’être arrivés, prendre une douche (solaire) brûlante, se poser avec un thé au soleil (oui, encore du thé), faire sa petite lessive dehors, prendre son temps..

La plupart des voyageurs continuent jusqu’à « Lama Hôtel », un groupement de 6 guesthouses situés 20 minutes de marche plus haut, mais on était vraiment contents de cette alternative choisie par Lapkha, plus tranquille.

Trek du Langtang, Népal – Jour 2 : De Renche à Thangshyap ( 3200 mètres)

Après un petit déj copieux de tibetan bread, de porridge et d’oeufs brouillés (de quoi être bien efficaces !), on reprend notre marche, qui s’avère être rapidement une montée abrupte au travers de forêts de sapin, d’érables et de rhododendrons. L’endroit est tellement zen, avec des petits ruisseaux à traverser, des singes qui font leur vie dans les arbres, des cascades.

Progressivement on aperçoit des sommets enneigés, Lhakpa nous dit que nous sortirons bientôt de la forêt et que nous passerons à la partie plus montagneuse du trek. OK, parfait. Mais avant, le rituel thé s’impose, cette fois ci à l’hôtel Woodland.

Les paysages changent à fur et à mesure que l’on monte en altitude, le vert de la forêt disparaît et est remplacé par les couleurs oranges et rouges de paysages plus secs, dans la vallée glaciaire. Il commence à faire bien plus froid, et surtout à y avoir du vent (c’est fini de faire les malins en tee-shirts).

Après un Daal Bhat accompagné d’une ginger lemon tea (préparé avec du Tang au citron, parce qu’il n’y a pas de vrai citron ici.. je vous laisse imaginer le goût du breuvage !), nous continuons notre marche jusqu’au mini village de Thangshyap, à 3200 mètres, notre deuxième étape.

Encore un bel endroit en pleine nature pour passer la nuit ! Il fait rapidement froid donc tout le monde se retrouve dans la salle commune, la seule pièce qui est chauffée par un poêle central. Au programme : du thé, du thé et encore du thé, des chaussettes à sécher, de la soupe à l’onion (pour fluidifier le sang en altitude) accompagnée de momo (sorte de raviolis népalais), et tout le monde file au lit vers 19h/19H30 (et oui, les trekkeurs sont des grands fous !).

Trek de la vallée du Langtang, Népal – Jour 3 : De Thangshyap à Kyanjin Gompa (3860 mètres)

Après avoir partagé notre porridge avec la petite fille de la guesthouse (qui passe la majeure partie de son temps à jouer avec les trekkeurs de passage), nous reprenons notre marche en direction de Langtang. Le spectacle est désolant, ce qu’il y avait de village n’est désormais plus qu’un vaste éboulement : le séisme a entraîné la chute d’une grosse partie du glacier, qui en s’effondrant a ravagé tout le village.

Un autre village a été reconstruit un peu plus loin, nous traversons donc ces éboulements pour le rejoindre et s’arrêter chez des amis de Lhakpa pour la pause thé. Franchement, au niveau émotions on est un peu limite, c’est poignant de voir le drame qui s’est passé ici, et il est d’autant plus important de faire ce trek, maintenant que les habitants peuvent à nouveau accueillir les touristes. Chaque thé que l’on boit, repas que l’on prend et nuit que l’on passe les aide concrètement.

Notre marche se poursuit tranquillement au milieu des pâturages, nous croisons une multitude de yaks, avec en toile de fond des glaciers gigantesques.. le spectacle est magique, ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de voir des yaks!

Nous arrivons à Kyanjin Gompa, village situé à 3860 mètres d’altitude qui sera notre base pour les deux prochaines nuits. Il nous faut continuer de marcher pour s’acclimater et aller à un niveau plus haut que là où nous allons dormir ; direction le glacier avec Lhakpa, tout le monde se caille, on ne s’éternise pas même si le paysage est super beau !

Trek du Langtang – Jour 4 : l’ascension du Tsergo Ri (4984 mètres !!!!!!)

Depuis Kyanjin Gompa, plusieurs randonnées sont possible à la journée. Nous avons comme objectif depuis le début du trek de monter au Tsergo Ri, pour voir la chaîne de l’Himalaya.

Réveil à 5h du matin (il fait encore nuit), petit déj emmitouflés dans nos doudounes et collés au poêle de la cuisine (il fait tellement froid que l’eau du robinet est gelée), montée ardue pendant 5 heures (à deux à l’heure, forcément à cette altitude on n’est pas les plus efficaces !).. de quoi se demander à plusieurs reprises ce qui nous a pris de nous infliger ça ?!?

Et puis, finalement, arriver à 4984 mètres, découvrir les drapeaux de prière accrochés par tous ceux qui ont gravi le sommet avant nous, voir l’immensité de l’Himalaya, et être si heureux d’avoir repoussé ses limites qu’on en oublie (presque) ce qu’on a enduré !

Trek du Langtang, Népal – Jours 5 et 6 : Retour de Kyanjin Gompa à Syabrubesi

Le trekking du Langtang est un aller-retour dans la vallée, nous redescendons en deux jours ce qui nous a pris 3 jours pour monter.

L’occasion de bien prendre la mesure du chemin parcouru, se retourner pour admirer le sommet que l’on a gravi (on est tellement fiers ;-), puis dire au revoir aux sommets enneigés qu’on ne verra plus une fois qu’on sera retournés dans la forêt.

Encore des pauses thés dans différentes guesthouses, et progressivement on enlève les vestes pour se retrouver en tee shirts, jusqu’à revenir à notre point de départ : la ville de Syabrubesi.

Ma petite conclusion :

Marcher pendant 6 jours, voir ces paysages magiques défiler tranquillement, se reconnecter à la nature, dire adieu à son petit confort (et se peler le soir dans les guesthouses), se rassembler autour d’un poêle le soir (et avoir les yeux qui piquent parce que c’est de la bouse de yak séchée qui est en train de cramer dedans), mais aussi repousser ses limites, s’adapter à l’altitude, grimper jusqu’à 4984m (et se prendre pour les champions de l’univers)… Un mix d’émotions, de paysages et de rencontres qui font de ce trek une fabuleuse expérience à vivre !

 

Le trek de la vallée du Langtang, infos pratiques

Comment se rendre au départ du trek  Langtang ?

Dans un premier temps il vous faudra arriver au Népal (ah bon?!!), le comparateur de vols Liligo vous permettra de trouver un vol au meilleur tarif depuis votre destination et jusqu’à Katmandou. Il est possible de trouver des billets d’avion à moins de 500 euros au départ de Paris

Bon à savoir : placez vous sur la gauche de l’avion dans le sens France – Katmandou, cela vous permettra de voir toute la chaîne de l’Himalaya depuis votre hublot !

et puis… l’épreuve du bus !

Je ne sais pas si je vous en parle du trajet en bus local pour se rendre au départ du trek ? ?

9h pour faire 130 km, une route complètement déglinguée qui vous fait carrément sauter dans tous les sens (sur des sièges tout aussi déglingués, et des suspensions qui n’arrêtent pas de couiner), de la poussière dans les trous de nez, de la musique à fond (et bien sûr, d’excellente qualité), des gens qui n’en finissent pas de monter (jusqu’à quasiment s’asseoir sur nous), le bus qui n’arrête pas de s’arrêter (ben oui, il faut bien que le chauffeur fasse ses petites courses sur la route aussi, et puis le pote du chauffeur, et puis même les passagers tant qu’on y est ! ?)..
Si le voyage c’est sortir de sa zone de confort, alors là aucun doute : on est bien en voyage !
C’est, je pense, la première fois que j’avais des courbatures AVANT de faire un effort physique… mais vive l’aventure et vive les bus locaux !!

trek vallee du langtang - népal

Maintenant que je vous ai donné mes impressions, quelques informations pratiques : ce fameux bus coûte 500 roupies, il part de la gare de Machha Pokhari (qui ressemble beaucoup plus à un carrefour qu’à une gare), à Katmandou, et vous emmène à Syabrubesi, lieu de départ du trek du Langtang.

Si vous préférez une option plus rapide, et un peu plus soft au niveau confort, vous pourrez faire le trajet en jeep privée (c’est cher, forcément), ou partagée et bondée (700 roupies/pers).

Se loger avant et après le trek

La petite ville traditionnelle de Patan, juste à côté de Katmandou, est une très bonne option pour se loger au calme, en évitant le tumulte et le flot de touristes. Nous étions à Cosy Népal, dans un petit cocon confortable en plein cœur du Vieux Patan. Il est possible, lorsque l’on part en trek, de laisser une partie de ces affaires à la guesthouse, de manière à alléger son sac. Quel bonheur de revenir de trek dans un endroit si charmant et d’y retrouver des affaires propres (petit plaisir d’après-trek 😉

> En savoir plus sur Patan et Cosy Népal

 

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