L’Afrique nous trottait dans la tête depuis longtemps, version « un jour, plus tard ». Et puis un samedi de fin septembre 2025, autour d’un repas avec des copains, la question habituelle est revenue : qu’est-ce qu’on fait cet hiver ? On s’est regardés, et pourquoi pas maintenant ? Le soir même, j’étais encore debout à 3 heures du matin à éplucher les annonces de 4×4. Quatre jours plus tard, on avait acheté notre véhicule. Et le 1er décembre, on partait de la maison. Autant le dire tout de suite : pour préparer un tour d’Afrique en 4×4, on n’a pas eu un an (comme beaucoup), on a eu deux mois (team à l’arrache mais ça passe). Octobre et novembre pour préparer le véhicule, faire les papiers, les vaccins et tout ce à quoi on n’avait pas spécialement pensé quand on s’est embarqués dans ce gros projet !


Cet article n’est donc pas le guide de quelqu’un qui a tout planifié bien à l’avance. C’est ce qu’on a fait, nous, avec nos jumeaux de 10 ans, pour la première étape de notre tour d’Afrique en 4×4 en famille : de la Gironde à la Côte d’Ivoire, sept pays et environ 11 000 kilomètres. On s’est posé des questions, mais pas trop, car si on commence à s’en poser trop, on ne part plus.
| En bref | Ce qu’on a fait |
|---|---|
| Temps de préparation | 2 mois (octobre et novembre 2025) |
| Départ | 1er décembre 2025, de chez nous en Gironde |
| Véhicule | Toyota Hilux d’occasion déjà équipé pour l’Afrique, 50 000 € sur Le Bon Coin |
| Les garçons | 10 ans au départ, 11 ans fêtés en route |
| Papiers du véhicule | carte grise à notre nom, carnet de passage en douane |
| Visas | la Mauritanie avant de partir (e-visa), la Guinée Conakry et la Côte d’Ivoire en cours de route |
| Santé | rappels, vaccin contre la rage, fièvre jaune, traitement curatif contre le paludisme |
| Étape 1 | 7 pays, environ 11 000 km, retour en avion d’Abidjan le 21 février 2026 |
Préparer un tour d’Afrique en 4×4 : quel véhicule choisir ?
Il n’y a pas de réponse universelle : le bon véhicule dépend de l’itinéraire prévu, du budget et du nombre de personnes à caser dedans. Nous, on rêvait d’un camion 4×4, avec un peu de confort pour les jours de pluie. Sur les annonces, on s’est vite heurtés à deux murs. Le prix d’abord (acheter un véhicule au prix d’une maison, non merci). La place ensuite : l’immense majorité des camions 4×4 sont prévus pour deux, à 4 ça ne marchait pas. Alors on est redescendus, petit à petit, vers ce qui était faisable.
Pourquoi un Toyota Hilux pour l’Afrique
En Afrique, on roule énormément en Toyota, et surtout en Hilux. En cas de panne ou de pièce à changer, les mécaniciens connaissent, même loin de tout. Notre ami Flo, qui fait beaucoup de 4×4, a été intransigeant là-dessus. Chaque fois qu’on lui envoyait une annonce, la réponse tombait : « non, c’est pas un Hilux ». Avec le recul, il avait raison : partir avec un véhicule en qui on a confiance et que les locaux connaissent, ça change tout.
Acheter un 4×4 déjà équipé pour l’Afrique
On a eu de la chance. On a trouvé notre Hilux sur Le Bon Coin, déjà entièrement équipé pour l’Afrique par une famille qui y était partie avant nous : tente de toit, rangements, frigo, cuve d’eau avec filtre, douche, treuil. On l’a payé 50 000 euros fin 2025, et on a eu les clés en main.
Si vous partez de zéro, sachez que l’aménagement d’un 4×4 pour l’Afrique est un vrai chantier, et que beaucoup de voyageurs y passent des mois (voire années). Acheter un véhicule déjà préparé, c’est à mon sens le meilleur raccourci quand on a peu de temps et qu’on n’y connait rien, mais ça peut coûter plus cher.
Préparer son 4×4 et apprendre à conduire hors piste
Équiper le 4×4 avant le départ
Comme le Hilux était prêt, on s’est contentés de finitions. On a refait la planche qui sert de plan de travail, et surtout réfléchi à comment transporter nos planches de surf : la famille d’avant ne surfait pas, elle n’avait pas cette contrainte. James le bricoleur était de retour. On a aussi remplacé la toile de la tente de toit, une iKamper Skycamp 3, par une toile neuve avec double toit, pour partir tranquilles (une toile offerte par iKamper, merci à eux). Puis on a fait une razzia chez Décathlon pour le petit matériel (oreillers, matelas, duvets, vaisselle, lampes).


On a aussi passé une journée à tester ce qu’on pouvait laisser dans la tente de toit une fois repliée (l’épaisseur des matelas, les couettes, les duvets), pour avoir le moins de logistique possible à chaque installation / rangement (spoiler : dans tous les cas on y passe du temps à chaque fois).
> je vous fais le point matériel dans un autre article
S’entraîner à conduire en 4×4 avant de partir
Le van, on connaissait. Le 4×4, pas du tout. Deux copains qui en font beaucoup nous ont emmenés dans les forêts de pins autour de chez nous, sur les pare-feux : grosses montées, grosses descentes, passages marécageux. Notre « balade du dimanche », avec moi au volant, pas franchement sereine. On a aussi testé le treuil en situation, ce qui nous a bien servi plus tard, lors d’un gros plantage en Guinée (je vous raconte ça dans l’article sur notre quotidien).

Soyons honnêtes, on a vraiment découvert le véhicule une fois sur place. Ma première piste dans le désert marocain s’est terminée au bout de 20 minutes, plantés dans le sable, devant des locaux qui nous ont regardés comme de super grosses quiches. Mais ces sorties en forêt nous ont donné les bases, et un peu de confiance. Si vous n’avez jamais conduit de 4×4, ne partez pas sans au moins quelques heures de terrain.


Quels papiers pour voyager en 4×4 en Afrique ?
Passeport, permis international et carte grise
Nos passeports et ceux des garçons étaient à jour, nos permis internationaux aussi. On a fait refaire la carte grise à notre nom, évidemment. Rien de sorcier, mais vérifiez les dates d’expiration bien avant : une fois sur la route, un passeport qui arrive en fin de validité, c’est le genre de détail qui gâche tout.
Le carnet de passage en douane (CPD) : prix, délai, caution
C’est le vrai dossier de la préparation. Le carnet de passage en douane (CPD), c’est un peu le passeport du véhicule : on le fait tamponner à l’entrée et à la sortie de chaque pays, pour prouver que le 4×4 ressortira avec nous. Il n’est pas obligatoire partout, mais il simplifie énormément les passages de frontière, et il évite de payer très cher à certaines.
En France, c’est le Mobilité Club France qui le délivre. Comptez 20 jours ouvrés une fois le dossier complet. Nous, on l’a finalisé tard (il nous a fallu un temps fou pour être sûrs de ne pas faire d’erreur, et au moins dix coups de fil à la dame du Mobilité Club). Elle nous avait prévenus que ce serait trop juste, on s’apprêtait à se le faire envoyer au Maroc… et finalement, il est arrivé avant le départ. Côté tarifs, comptez 300 euros + adhésion au Mobilité Club 60e + frais d’envoi . Et surtout une caution : 100 % de la valeur actuelle du véhicule (cote argus) pour la plupart des pays. C’est le poste qui fait tousser quand on le découvre.

Concrètement, c’est un carnet de feuillets prédécoupés, un par pays et par passage. À l’entrée, le douanier tamponne en haut à gauche et garde la partie basse. À la sortie, il tamponne en haut à droite et garde la partie du milieu. Il vous reste le haut du feuillet, avec les deux tampons, la date et la signature. Si vous passez par la Gambie puis revenez au Sénégal, ça fait trois feuillets. Un conseil que nous a donné le Mobilité Club : photographiez chaque souche tamponnée, c’est une preuve en cas de perte ou de vol.
Tous les pays ne le demandent pas. D’après ce que nous a expliqué le Mobilité Club, sur notre route, la Gambie, le Ghana et le Nigeria l’exigent officiellement. En Guinée-Bissau, au Togo ou au Bénin, il n’est pas obligatoire mais facilite les choses. Et en Mauritanie, il faut mieux ne pas le présenter.
Le truc chiant, c’est la durée. Le carnet est valable un an, le nôtre du 19 décembre au 18 décembre. Pour le renouveler, il faut le demander au moins deux mois avant, puis présenter le véhicule à un poste de douane avec l’ancien et le nouveau carnet avant l’échéance (c’est le seul cas où l’on a l’entrée sur un carnet et la sortie sur l’autre). Pour le renouvellement, comptez 60 euros de cotisation, 250 euros de frais de dossier et l’envoi.
La caution, elle, est rendue à la toute fin, quand on renvoie tous les carnets avec le certificat de présence rempli à la dernière page (la preuve que le véhicule est rentré en Europe).
Est-ce qu’on peut se passer du CPD ? Dans les groupes de voyageurs, les avis sont partagés. Certains partent avec un carnet ATA, délivré par les chambres de commerce et pensé à la base pour les marchandises, et disent être passés sans souci jusqu’au Togo. D’autres roulent sans carnet du tout, avec un permis d’importation temporaire (TIP) pris à chaque frontière, souvent limité à un mois. Ça peut marcher, mais ça dépend des pays, des postes et des douaniers. Nous, on a préféré la tranquillité du CPD.
Les visas pour l’Afrique de l’Ouest
On est partis avec un seul visa, celui de la Mauritanie, puisqu’il n’en faut pas pour le Maroc ni pour le Sénégal. C’est un e-visa qui se demande en ligne depuis la France. Anticipez un peu : il n’arrive pas instantanément, et il peut être refusé (celui de James l’a été une première fois, avec ce message : « veuillez mettre une vraie photo de vous ». C’était bien sa photo, elle ne devait juste pas leur plaire). La demande en ligne ne coûte rien, on paie à la frontière, en espèces : 55 euros par personne pour 30 jours, soit 220 euros pour nous quatre. C’est toujours le tarif en vigueur en 2026.
Pour la suite, on ne savait pas jusqu’où on irait. On a donc fait le visa de Guinée en ligne, et celui de la Côte d’Ivoire à l’ambassade de Conakry. On ne va pas se mentir, les visas et les passages de frontière c’est vraiment le point le plus chiant de ce gros road trip.
Assurance du 4×4 (carte brune) et assurance voyage
Pour le véhicule, on est partis avec une assurance française, valable jusqu’au Maroc. En Mauritanie on a eu une assurance spécifique à la Mauritanie (on a fait appel à un passeur à la frontière qui nous a géré ça), puis à partir du Sénégal on a pris la carte brune, l’assurance responsabilité civile commune à une bonne partie des pays d’Afrique de l’Ouest. On avait aussi un passeur pour la frontière Mauritanie Sénégal, c’est lui qui a fait les démarches pour la carte brune.
Pour nous quatre, on avait une assurance voyage Chapka, la formule Cap Assistance, puisque l’étape faisait un peu moins de trois mois (au-delà, on passe sur Cap Aventure). Avec notre lien, vous avez 5 % de réduction sur Cap Assistance et Cap Annulation.
Bon plan
Chapka : 5 % de réduction sur votre assurance voyage
Si vous n’avez pas encore d’assurance voyage, vous pouvez bénéficier de 5 % de réduction sur les contrats Cap Assistance 24h/24 (pour un voyage de moins de 3 mois) et Cap Annulation chez Chapka, pour une couverture complète de toute la famille. Les 5 % s’ajoutent à la remise tribu de 15 %.
Vaccins et paludisme : voyager en Afrique avec des enfants
Quels vaccins pour l’Afrique de l’Ouest ?
La référence, ce sont les centres de vaccinations internationales, comme l’Institut Pasteur, qui conseillent selon les pays traversés. Comme on voyage depuis longtemps avec les garçons, on était déjà à jour de presque tout : on a fait des rappels, et le vaccin contre la rage. Certains vaccins sont obligatoires, notamment la fièvre jaune pour entrer en Côte d’Ivoire, et le carnet jaune peut être contrôlé à la frontière.
Avant de partir longtemps, on fait toujours le tour des rendez-vous médicaux, dentiste compris, pour partir à jour. Et on emporte une pharmacie de voyage bien complète, pour être autonomes dans les coins reculés.

Le paludisme : préventif ou curatif ?
C’est le gros sujet. On partait presque trois mois, et on a choisi de ne pas prendre de traitement préventif, celui qu’on avale tous les jours. On l’avait pris deux mois d’affilée en Tanzanie et on l’avait mal supporté (James l’avait même arrêté en route : cauchemars, vertiges, il ne se sentait pas bien). Cette fois, on est partis avec un traitement curatif, à prendre uniquement en cas de crise, et on se protégeait des moustiques. Sur place, on nous a aussi expliqué qu’en dehors de la saison des pluies, il y a moins de moustiques.
On a aussi été rassurés de voir à quel point les pays traversés connaissent la maladie : les pharmacies vendent les traitements, et les bons hôpitaux savent la soigner vite. Loin de tout, en revanche, c’est une autre histoire.
C’est notre choix, pas un conseil. Préventif ou curatif, c’est une décision à prendre avec votre médecin, selon votre itinéraire, la saison et l’âge des enfants.
Un détail bon à savoir : les anti-moustiques achetés en France ne sont pas forcément efficaces, les produits locaux marchent beaucoup mieux.
Organiser un tour d’Afrique en 4×4 sans tout planifier
L’organisation, c’est moi (Solen) qui m’y colle. Les tableaux Trello sont mes meilleurs amis : une liste « à acheter » (des liseuses, une trousse de toilette à suspendre, une petite tente, une guirlande lumineuse, un hamac, des marchepieds pliables, des sacs de compression, un filtre à eau), une liste « à penser » (les livres audio, des casques pour les garçons, les duvets, des talkies-walkies), et une liste par pays, comme la Mauritanie et son visa en ligne. Et j’ai beaucoup puisé dans l’expérience des familles parties avant nous et dans les groupes WhatsApp de voyageurs en Afrique. C’est d’ailleurs grâce à l’un de ces groupes qu’on a trouvé où laisser le 4×4 à Abidjan, couvert et surveillé, chez un monsieur adorable à qui on a confié les clés (on en reparle quand on retrouve le 4×4).
On a quand même calé quelques temps forts à l’avance, comme le trek de quatre jours dans le désert marocain en partenariat avec Mélodie du Désert (c’était top !! avec le code TRIPANDTWINS, vous avez 5 % de réduction). Mais ce qu’on n’a pas fait, c’est un itinéraire au jour près, et c’est volontaire. On a croisé des voyageurs avec des tableaux Excel (trois jours ici, deux jours là, telle date à tel endroit) : au bout de dix jours, ça ne tient plus. Nous, on aimait pouvoir rester plus longtemps quelque part si ça nous plaisait, et repartir plus vite si ce n’était pas le cas. C’est tout l’intérêt d’avoir son propre véhicule. Pour adapter la route en chemin, on a gardé deux applications sous la main : iOverlander et Wikiloc.


Vos questions sur la préparation d’un tour d’Afrique en 4×4
Jusqu’au Sénégal, non : en restant sur les grands axes et hors du sable, un camping-car passe. La Guinée, c’est autre chose. On y roulait à 25 km/h de moyenne en 4×4, et on a mis sept heures pour faire 180 km. Des locaux le font en voiture normale, mais nous, on ne s’y serait pas risqués.
Nous, deux mois, avec un véhicule déjà équipé. Si vous aménagez le véhicule vous-mêmes, comptez beaucoup plus. Le carnet de passage, à lui seul, demande environ trois semaines.
Pas dans tous les pays, mais il facilite énormément les frontières et évite de payer très cher à certaines. Prévoyez la caution, égale à la valeur du véhicule.
Ça monte vite à quatre : 220 euros rien que pour la Mauritanie. Le Maroc et le Sénégal ne demandent pas de visa. Je détaillerai tout le budget dans un article dédié.
Pour la suite : notre quotidien en 4×4 avec tente de toit, et tous nos récits sur la page Tour d’Afrique en 4×4 en famille.
À suivre…
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